Un mort et des blessés graves dans une émeute 
Un drame à Ambilobe. Vendredi dernier, vers 13h30, un affrontement entre les forces de l’ordre et la population locale s’est soldé par la mort d’un civil et plusieurs blessés graves. Les faits. Dans un bar, Nico, sous l’emprise de l’alcool, a fini par avouer qu’il est l’auteur de plusieurs meurtres à Ambilobe.
Parmi ses victimes, selon ses dires, une marchande de quatre saisons. Tuée puis camouflée sous le pont de Mahavay. Deux jours plus tard, découverte de deux autres cadavres d’enfants dans le même lieu. Après quelques verres, le serial killer n’a pas hésité à révéler qu’il est responsable de ces meurtres.
La nouvelle a vite fait le tour d’Ambilobe, le bouche-à-oreille aidant. Il n’a fallu que quelques minutes pour que le criminel soit déjà entre les mains du fokonolona en furie. Autrement, Nico est soumis au lynchage. Le meurtrier a reçu des coups de toutes parts. Il devait payer au prix fort ses actes. Il s’en est fallu de peu qu’il ne perde la vie : la police est arrivée à son secours. « Protéger la vie des citoyens ». Se rappelant de leur mission première, les éléments de la police locale empêchent la justice populaire au grand dam du fokonolona. La situation vire au drame. Les jets de pierres commencent. Sans un renfort armé jusqu’aux dents, les policiers auraient été blessés. Nico, sous escorte, fut emmené d’urgence à l’hôpital d’Ambilobe.
Les choses s’enveniment. Peu de temps après, l’établissement de santé est investi par les riverains qui sont en proie à la rage. Face aux jets de pierres, les coups de feu en guise de sommation commencent à retentir. Mais cela ne semble guère intimider l’autre partie. Et même, avec l’intervention des gendarmes. Pour autant, la situation n’est plus maîtrisée par les forces publiques. Dernière option, procéder à une diversion pour évacuer Nico de l’hôpital. Une opération réussie. Sauf que cela a envenimé la colère de la population qui a mis le feu à la voiture de la police. Avant de s’attaquer au camp de la gendarmerie après avoir enfoncé plusieurs barrages des forces de l’ordre. C’est dire qu’ils sont déterminés à payer le prix fort. Les sommations d’usage et avertissements de toutes sortes n’étant plus efficaces, les coups de feu commencent à retentir.
Bilan, cinq blessés graves. « L’un d’entre eux a péri durant son évacuation à Ambanja », devait expliquer notre interlocuteur. L’affrontement a duré cinq tours d’horloge. Pour ne finir que vers 20h30. Les autorités locales ont décrété, depuis vendredi, la mise en place d’un couvre-feu. Aussi, les manifestations de tous genres seront-elles interdites jusqu’à nouvel ordre. Nico, évidemment à l’origine de tous les maux, reste introuvable. Le lieu de sa détention est tenu secret pour mieux préserver l’ordre public. N’empêche, les bruits courent qu’il aurait été transféré à Ambanja. Pour le moment, le calme est revenu à Ambilobe. La ville est actuellement placée sous haute surveillance. Des éléments des forces de l’ordre de Diégo y ont été dépêchés pour maintenir la sécurité. A suivre…
Didi Ratsimbazafy
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